Quand le Web modifie profondément le travail en équipe

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Quand le Web modifie profondément le travail en équipe

La liste des principes est issue d’un article des Echos, reprenant l’original de Gary Hamel (professeur à la London Business School et directeur du Management Lab) Cf “The Future of Management” de Gary Hamel, disponible en français chez Vuibert .
Quelques commentaires au fil des points présentés


  • Une libre expression. L’Internet n’étouffe aucun débat. Toutes les idées - même les plus subversives - ont leur chance de convaincre, du fait de leur mérite et non du pouvoir (hiérarchique, politique, etc.) de celui qui les émet.

    C’est la re-connaissance de la compétence par le groupe / communauté au détriment de la re-présentation censée valider la compétence. S’apparente aux démarches bottom-up et à une forme de cooptation via la coopération notamment. Sans doute les nouveaux ciments des identités institutionnelles ou d’opportunités, sous réserve de l’acceptation par les managers des nouvelles règles du jeu.

  • La sollicitation d’une multiplicité d’avis. Les idées intelligentes trouvent naturellement un public attentif. Les chats et les forums en ligne en constituent les principaux viviers. Les échanges et les sources d’information ne se limitent plus aux quatre murs d’une entreprise.

    Certes, mais que de « bruit » sur internet !

  • Un droit reconnu à la contestation. Les agitateurs de tout poil trouvent aisément leur place dans les communautés en ligne. Ils y sont même célébrés comme des défenseurs des droits numériques inaliénables. Résultat : les pirates sont des héros.

    Pas très nouveau. Tout ce qui est « hors normes » à un instant t, créé à la fois attraction, débats, valorisation, voir identité par mimétisme…. De là à ce que cela soit un droit…. C’est plutôt une « occupation » du terrain libre de l’internet… dans les pays acceptant cette liberté.

  • Des capacités qui comptent plus que des diplômes. Seule compte la contribution apportée. La position sociale, le titre hiérarchique, les diplômes pèsent peu sur la Toile.

    Oui, mais la contribution est souvent fragmentaire. Elle a pour le moins le mérite d’interpeller les certitudes installés des corporatismes divers. Par contre, ne pas mélanger contribution et connaissance. Ce qui fait la force de certaines contributions c’est qu’elles renforcent la diversité d’éclairage d’un sujet.

  • De nouveaux profils de leaders. Tout forum en ligne recèle des leaders qui s’imposent naturellement, sans besoin d’être nommés par aucune autorité supérieure. Dans l’entreprise, les hiérarchies devraient s’en trouver redessinées.

    En fait, c’est plutôt l’apparition de multiples réseaux d’influence / appartenance / re-connaissance, qu’une question de remise en cause des hiérarchies actuelles souvent déjà « out » de leur époque. Cela va de concert avec de nouveaux processus de décision en collaboration / coopération… qui n’ont plus rien à voir avec les traditionnels référents des processus décisionnels verticaux ou horizontaux.

  • Un partage de l’information. Le pouvoir ne s’arc-boute plus sur la rétention de l’information. Divulguer une expertise permet d’asseoir une influence, de l’étendre ­rapidement et de gagner en crédibilité.

    Parfois même on doit se demander si, ce qui fait sa valeur de l’information n’est pas d’abord le fait qu’elle soit partagée / partageable voir co-produite (cf la question de licences libres - copyleft, creatives commons) ; plutôt que son contenu… Disons que la segmentation des informations conduit certains membres de communautés à focaliser leur attention selon le droit d’auteur attaché à une information gage à leurs yeux d’une posture digne d’intérêt. Pour d’autres ce sera les flux internet attachés à l’information. Cf aussi les pratiques marketing visant à divulguer sur le net ouvrage et musique… pour mieux assurer la commercialisation classique du produit.

  • Un pouvoir légitimé par la connaissance et l’expertise. Sur le Web, personne n’a le pouvoir de commander ou de sanctionner. Des arguments convaincants, un comportement altruiste et une expertise pointue sont les meilleurs moyens de s’y rendre crédible.

    Vision un peu angélique ! Internet est plutôt une zone de tension et de concurrence féroce ou d’abord c’est « Celui qui fait qui a raison ». Le pouvoir n’est donc pas qu’une question de contenu… mais celui du passage à l’acte.

  • La possibilité de choisir ses tâches… Qu’il s’agisse de contribuer à un blog ou de travailler sur un projet « open source », chacun doit pouvoir choisir de collaborer selon ses centres d’intérêt.

    Vision restrictive de la collaboration…. Dans les faits, la majorité des actes de collaboration se cantonne à quelques commentaires déposés ici et là via des forums publics ou privés. Le choix des tâches sur internet est plus limité qu’il n’y paraît. Le choix de l’engagement de chacun y est toujours une affaire de motivation, de capacités à agir et de posture personnelle à assumer. En somme, par exemple, la faiblesse des coûts sur le net n’est qu’un facilitateur pour les internautes en capacité de… mais non un sésame pour être acteur de l’internet. La foultitude des opportunités du net ne doit pas signifier liberté, capacité de choisir ; mais simple diversification des possibles. Internet n’est bien souvent qu’un « exutoire » pour se défouler.

  • … ainsi que les membres de son équipe. Les groupes de travail s’auto-construisent et s’auto-organisent, à l’instar de toute communauté en ligne, où chacun a la liberté de créer des liens avec certains individus et d’en ignorer d’autres.

    Plutôt vrai surtout dans la possibilité d’ignorer les individus « non-re-connus ».

  • Des ressources allouées aux projets les plus attractifs. L’Internet s’assimile à une économie de marché, où des millions d’individus peuvent librement décider de la façon de dépenser leur crédit « temps » et « attention ».

    Sans doute mais en même temps une capacité à créer l’addiction, avec nombre d’attitudes « passives » plutôt que « consom’acteurs ».

  • La reconnaissance d’un droit de veto. Les utilisateurs en ligne n’hésitent pas à attaquer toute décision jugée contraire aux intérêts de la communauté, dont les propriétaires sont bien plus ceux qui l’utilisent que ceux qui l’ont construite.

    Formulation trop caricaturale. Il n’est qu’à voir la faiblesse des actions collectives de consommateurs. Disons que le web peut amplifier des mouvements d’opinions par le buzz et souvent la caricature ou l’aiguillon de l’émotionnel. Par contre, l’internet joue de plus en plus comme une « crainte » pour les acteurs économiques, sociaux et politiques qui craignent sa liberté d’éclaireur… de révélateur…

  • La valorisation de la coopération. Les gens donnent d’eux-mêmes si on leur permet de contribuer à quelque chose qui leur tient à coeur. La reconnaissance est un élément indispensable à leur accomplissement.

    Certes, mais que ce soit dans les pratiques professionnelles et civiles, on peut s’interroger sur la lenteur des mutations culturelles.

    • Prégnance des postures personnelles valorisant l’intérêt individuel et le « retour sur acte de coopération »
    • Frein dominant dans les pratiques professionnelles sur le partage de l’information comme sur la co-construction…. y compris dans les milieux pourtant habitués aux équipes projets.
    • Moule culturel de plusieurs décennies ayant forgé des identités sur l’exclusion de l’autre et non sur son potentiel de richesse.
      Quelques repères sur le sujet :
  • Comment progresser en collaboration Horizon21 ?
  • La Coopération, nouvelles approches - JM.Cornu
le 13 novembre 2009 par Sirius
modifie le 13 novembre 2009